Le marché immobilier lyonnais a connu un début de mois de juin particulièrement mouvementé. Entre les décisions de la Banque centrale européenne, les tensions internationales et les nombreuses actualités qui ont occupé l’attention du public, le comportement des acquéreurs a changé très rapidement.
Amaury du Port de Loriol, président de César & Brutus, a analysé l’ensemble des demandes d’acquéreurs reçues par l’agence depuis le 1er juin 2026. Son constat : le marché reste actif, mais les écarts sont aujourd’hui importants selon les budgets et les types de biens proposés.
Une baisse soudaine de la demande en début de mois
La première semaine de juin a été particulièrement inhabituelle. Pendant quatre jours, les équipes de César & Brutus ont constaté une baisse d’environ 60 % de la demande.
À cette période de l’année, l’agence enregistre habituellement trois à quatre ventes par jour. Durant cette semaine, moins de dix biens ont été vendus au total.
L’activité a toutefois commencé à repartir progressivement après l’annonce d’un accord entre l’Iran et les États-Unis. Les offres d’achat sont revenues, certaines visites ont été relancées et des acquéreurs devenus temporairement silencieux ont repris contact avec les équipes.
Cette évolution confirme une tendance particulièrement marquée en 2026 : les crises internationales semblent désormais avoir un effet presque immédiat sur le moral et les décisions des acheteurs.
Quels sont les budgets les plus représentés ?
Afin de mieux comprendre la situation, Amaury du Port de Loriol a étudié les demandes d’acquéreurs reçues par e-mail depuis le début du mois de juin.
La répartition observée par César & Brutus est la suivante :
- de 0 à 100 000 € : 9 % des demandes ;
- de 100 000 à 200 000 € : 32 % des demandes ;
- de 200 000 à 350 000 € : 25 % des demandes ;
- de 350 000 à 500 000 € : 18 % des demandes ;
- de 500 000 à 800 000 € : 8,5 % des demandes ;
- de 800 000 à 1 200 000 € : 2,4 % des demandes ;
- plus de 1,2 million d’euros : 1,7 % des demandes.
Ces données sont issues des demandes directement reçues par l’agence. Elles constituent une photographie de l’activité observée par César & Brutus en juin 2026, sans prétendre représenter à elles seules l’ensemble du marché immobilier lyonnais.
Une forte concentration des recherches sous 500 000 €
Les demandes sont principalement concentrées sur les biens proposés entre 100 000 et 500 000 euros.
Les acquéreurs disposant d’un budget compris entre 100 000 et 200 000 euros représentent à eux seuls près d’un tiers des demandes reçues. La tranche comprise entre 200 000 et 350 000 euros reste également très active.
Pour les propriétaires qui vendent un bien dans ces niveaux de prix, il existe donc encore une demande réelle. La réussite de la vente dépend néanmoins du positionnement du bien, de son état, de son emplacement et du prix proposé.
Au-dessus de 800 000 €, les acquéreurs reprennent la main
La situation est différente sur les segments les plus élevés.
Les demandes supérieures à 800 000 euros représentent un peu plus de 4 % des recherches observées par l’agence. Dans le même temps, les biens proposés au-dessus de ce prix constitueraient près de 8 % des annonces disponibles à Lyon.
L’offre est donc plus importante que la demande sur ce segment. Les vendeurs sont davantage mis en concurrence et les acquéreurs disposent de marges de négociation plus importantes.
Les gros budgets sont traditionnellement moins nombreux. Toutefois, Amaury du Port de Loriol souligne qu’il est rare d’observer des résultats aussi faibles au début de la période estivale, habituellement propice aux projets immobiliers.
Un marché immobilier en « mode accordéon »
Le marché ne s’est pas arrêté. Il alterne plutôt entre des phases de ralentissement très rapides et des reprises tout aussi soudaines.
Les événements politiques, économiques et internationaux influencent fortement la confiance des acquéreurs. Certains projets sont suspendus pendant quelques jours, avant de reprendre lorsque le climat semble plus favorable.
Pour les vendeurs, cette situation impose de ne pas se tromper sur la stratégie de commercialisation. Un prix trop élevé au lancement peut faire perdre un temps précieux, notamment dans les tranches où le nombre de biens disponibles dépasse largement celui des acquéreurs.
Pour les acheteurs, certaines opportunités peuvent au contraire apparaître, en particulier sur les budgets supérieurs à 800 000 euros.
Quelles perspectives pour juillet ?
Le mois de juin n’a pas atteint les niveaux d’activité habituellement observés à cette période. Les premiers signes de reprise montrent toutefois que le marché immobilier lyonnais reste en mouvement.
Juillet pourrait donc être plus dynamique, à condition que les vendeurs adaptent leur stratégie au niveau réel de la demande et que les acquéreurs sachent identifier les segments sur lesquels ils disposent d’un rapport de force favorable.
Découvrez l’analyse complète en vidéo
Dans cette vidéo, Amaury du Port de Loriol revient plus en détail sur les demandes reçues par César & Brutus, les chances de vendre selon chaque tranche de prix et les marges de négociation actuelles des acquéreurs.
